Refit coque en Gwada

Ça faisait longtemps que nous voulions sortir le bateau pour refaire l’antifouling, c’est chose faite ! Pour être honnête, gratter la coque un peu tous les trois jours, ou bien toutes les deux semaines et y consacrer une demie-journée, ça commençait à être pénible !

Et puis, comme nous avions du temps, nous en avons profité pour donner un coup de propre à la coque de Vitavi. C’est parti pour un refit œuvres vives et œuvres mortes.

Nous sommes arrivés tranquillement en Guadeloupe en profitant d’escales en Dominique et aux Saintes. Sitôt arrivés, nous nous sommes inscrits sur la liste d’attente pour sortir sur la zone technique de la marina de Bas du Fort, nous avions grand hâte de libérer Vitavi de ses squatters subaquatiques.

Le plan ; lui offrir un nouvel anti-fouling, idéalement adapté à ces régions à eaux chaudes où la barbe pousse plus vite sous la coque que sur le visage du capitaine.

Après avoir passé un mois et demi au Marin, le safran ressemblait à ça :

Je vous rassure, nous n’avons pas navigué comme ça, nous avons joyeusement gratté la coque pendant 3 demi-journées à deux… Oui c’était dur ! Et voir des mini crabes sortir des plis de ta combinaison de plongée quand tu remontes à la surface en fin de séance grattage, c’est plutôt dégoûtant. Florent a même expérimenté le crabe qui décide de sortir de l’oreille dix minutes après la sortie de l’eau… glamour.

C’est parti pour les gros travaux

Comme nous avons sorti le bateau et que nous ne sommes pas pressés par le temps, nous nous sommes embarqués dans quelques menus travaux. Non, je plaisante, ils sont tout sauf menus.

Quand tu bricoles sur un 44 pieds, tu réalises que tu aimes avoir un grand bateau mais qu’en prendre soin c’est vraiment beaucoup de boulot.

Carénage en bonne et due forme

Vitavi avait tout juste quitté son élément naturel que nous lui envoyions un jet haute pression sous la ligne de flottaison pour retirer la végétation et les coquillages qui avaient colonisés sa coque durant notre période d’attente à la marina.

#1 Nettoyage haute pression

Le nettoyeur haute pression c’est super car en quarante minutes la coque est aussi propre que si tu avais passé une après-midi à gratter mais le revers de la médaille c’est que le fouling dur part avec ton ancien antifouling et son primaire. Ta coque ressemble alors à une constellation : du bleu nuit avec plein de jolis petits points lumineux.

#2 : Ponçage de la totalité de la partie immergée de la coque

Après le karcher, le jeu c’est de poncer toutes les petites protubérances qui ont résisté au jet. Le but de la manoeuvre est de retrouver une surface bien lisse ; c’est important pour la perf’ dit le capitaine.

#3 : Combler les aspérités

Ensuite, nous enchainons sur une séance rebouchage au mastic epoxy des milliers de petits trous causés par l’arrachage des coquillages ; puis de nouveau une session ponçage pour mettre à niveau.

#4 : Entretien courant de la quille

Traitement et protection des quelques points de rouilles sur la quille et remplacement du joint de quille extérieur.

#5 : Application d’un primaire caoutchouc

Application d’un primaire avant la première couche d’antifouling. On applique le primer surtout pour faire une couche d’accroche entre l’époxy (utilisé pour récupérer une surface parfaitement lisse) et le futur antifouling. Cette étape est importante car la plupart des antifouling ne tiennent pas sur l’epoxy.

#6 : Application de deux couches d’antifouling

C’est enfin l’heure de « peindre » toute la partie immergée du bateau. On applique deux couches sur la coque puis deux supplémentaire sur les bords d’attaque de la quille et du safran ainsi que sur la ligne de flottaison.

Compte-tenu de notre programme en Caraïbes, nous avons choisi l’antifouling 039 de la marque Seajet. Il s’agit d’un produit bi-composant à base de cuivre, hybride entre une matrice dure et un antifouling érodable. On appelle ça un auto-polissant contrôlé (SPC). Il devrait nous permettre de garder une carène propre jusqu’à notre retour en Bretagne à l’automne 2021.

Nettoyage et protection de l’hélice

Comme vous avez pu le comprendre, le développement du fouling est une préoccupation majeure dans les eaux chaudes. Nous avons donc poussé le bichonnage de notre cher bateau jusqu’à appliquer un antifouling sur l’hélice et son arbre.

Nous avons utilisé les produits Velox métal primer et Velox Plus. Ils ont bonne presse, toutefois nous ferons un retour d’utilisation en condition voyage d’ici quelques temps.

Ce produit est assez simple d’utilisation mais nécessite de suivre à la lettre la procédure d’application. On prépare le support métallique par ponçage au grain 80 pour rayer, puis après dépoussiérage et dégraissage, on applique le primaire et plusieurs couche de Velox Plus en respectant précisément les délais de surcouchage. Nous avons mis la quantité maximale, 3 couches. Le tout nous a fait terminer à minuit; si il avait fait 10 degrés de moins on aurait fini à 3h du matin, ouf.

Attention à garder des zones non couvertes pour l’emplacement des anodes ;  sans cela elles ne serviront plus à rien 😉

Restauration de la coque

Vitavi et son gel coat de 30 ans, ainsi que sa jupe arrière aux multiples réparations racontent certes plein d’anecdotes et d’histoires mais au bénéfice d’une esthétique pour le moins douteuse.

Là aussi, nous avons profité d’avoir du temps, une météo correcte et le bateau au sec pour oeuvrer.

#1 : nettoyage

Nous avons commencé par un nettoyage à l’acide oxalique pour déjaunir la coque. Etape vraiment pas compliquée mais à réaliser avec soin car si le produit pose trop longtemps, il attaque la coque. Il faut donc faire petite portion par petite portion et rincer plusieurs fois à grande eau.

#2 : reprise impacts et griffures

Un bateau qui voyage, c’est une coque qui souffre un peu. Des réparations anciennes ont fini par partir, deux bateaux nous ont accroché à Porto Santo et El Hierro et ont laissé quelques traces de leur passage.

Nous avons donc préparé les surfaces soigneusement, rebouché les diverses imperfections au gel coat, puis poncé pour uniformiser la surface.

#3 : Le polish

Étape ultime, afin d’en finir avec le jaune qui revient vite et les petites coulées disgracieuses, nous avons décidé de polisher la coque pour lui apporter une nouvelle protection.

Gros boulot avec ponçage au grain très fin pour rattraper quelques défauts, puis polisseuse avec mousse et produit pour obtenir une belle surface. Nous ne pousserons pas jusqu’au fini miroir que nous trouvons un peu ridicule pour un vieux bateau, mais ce gros coup de propre fait un bien fou à la coque. Elle n’est pas parfaite, c’est impossible, mais elle sera bien protégée.

#4 : La déco

En parralèle des gros travaux, nous avons repeint la bande bleue au dessus de la ligne de flottaison avec une peinture bi-composant et ajouté une ligne gris foncé qui vient souligner la peinture grise de la jupe. Nous avons aussi imprimé deux stickers avec notre logo que nous avons installé de chaque côté de l’étrave.

Le résultat est vraiment sympa !
(les photos sont en bas de l’article)

Refit de la jupe arrière

La jupe a subit de multiple réparations au cours de ses 30 ans d’existence. Elle a visiblement été peinte à un moment dont nous n’avons pas de trace ; nous ne pouvons donc pas lui accorder le même traitement que les flancs du bateau.

Nous sommes donc reparti pour un autre chantier. Youpi !

#1 : reprise impacts

Nous commençons à manier la spatule, le mastic armé et le gel coat avec une agilité sans précédent. Nous avons de nouveau préparé les surfaces, rebouché les trous et impacts légers, puis poncé pour lisser la surface.

#2 : préparer le support pour la peinture

Nous avons poncé la jupe pour revenir à une surface propre, puis appliqué une première sous-couche (la U3 de chez Nautix), poncé de nouveau au grain fin, et mis une seconde sous-couche et de nouveau poncer au grain très fin.

#3 : peindre la jupe et ses retours

L’heure fatidique ; couvrir la jupe avec de la laque brillante (Starlac de chez Nautix).

Malgré nos craintes, le résultat de la laque appliquée au rouleau est très satisfaisant. C’est réjouissant, après le mal que nous nous sommes donnés pour prendre soin de Vitavi et de sa fière coquille de noix.

Nous devons quand même avouer ne pas avoir prévu que la peinture “blanc cassé” rendrait aussi gris, mais finalement ça nous plait bien. Ça donne plus de personnalité à la coque et la couleur répond bien avec le gris présent sur le sticker.

Infos peinture : pour plus de simplicité nous avons choisi une peinture mono-composant qui est plus facile à travailler dans les conditions de chaleur que nous rencontrons ici.

Les autres trucs de la To Do perpétuelle

En parallèle de tout ça, nous avons aussi les sujets « courants » à gérer, pour être bien à bord et garder Vitavi en bon état  :

  • faire des moustiquaires pour les panneaux de pont
  • entretenir les winch
  • reprendre la peinture du coin cuisine
  • réparer le vieux génois dont 15 cm d’une couture ont lâché à la fin de la transat
  • vérifier de niveau d’eau dans les batteries > suite à leur remise à niveau, une des 3 batteries de notre parc s’est mise à bouillir, il a donc fallu les changer. Bienvenue aux nouvelles AGM 140Ah !
  • entretenir le joint tournant de l’arbre d’hélice
  • installer le speedo électro-magnétique acheté l’hiver dernier mais que l’on avait reçu après la remise à l’eau du bateau en mars
  • refaire le scotch de protection des barres de flèche
  • regonfler les pare-battage

etc.

Le résultat final après 3 semaines de travail intensif