Un mois et demi aux canaries

Après l’archipel madeirien, nous avons rapidement mis le cap sur les Canaries où nous voulions passer un peu de temps. Nous avons quitté Quinta do Lorde pour Gran Canaria mi-septembre.

Randonnée à la Gomera

arrivée aux canaries par Gran Canaria

Après le retour à la verdure à Madère, nous sommes repartis pour des terres arides. En 48h de navigation, nous avons rallié le Puerto de la Luz à Las Palmas de Gran Canaria ; une escale surtout technique.

Nous avions décidé de ne pas louer de voiture et de rayonner à vélo autour de Las Palmas. D’ailleurs nous sommes allés acheter les vélos en bus et sommes revenus à la marina en pédalant ! Cette balade nous a offert un petit panorama sur la baie (photo ci-contre).

La ville de Las Palmas, qui se trouve être la 8e plus grande ville d’Espagne, a assez peu à offrir, si ce n’est un vieux quartier, quelques rues à restau sympa et une jolie balade sur une pointe. Nous avons tout de même particulièrement apprécié le musée Colomb qui racontait les débuts des grands voyages pour le nouveau monde, les traversée de l’atlantique à l’aveugle en imaginant arriver en Inde ou en Asie.

Notre escale à Gran Canaria a surtout été pratique. Elle nous a permis de finir la préparation de Vitavi avec le parachèvement de petits détails qui ont fait toute la différence en traversée (le panneau solaire mobile par exemple).

Après 3 semaines au ponton, nous nous sommes mis en route pour les autres îles plus à l’ouest. 

Tenerife, l’île au volcan

Nous sommes ainsi arrivés à Tenerife début octobre. Ici aussi, nous nous sommes arrêtés dans une marina. Les îles Canaries ne sont pas du tout adaptées pour faire du mouillage. Les côtes sont très rocheuses, peu abritées et les fonds tombent très rapidement.

Nous avons donc posé nos amarres à Santa Cruz de Tenerife pour une petite semaine. Nous n’attendions pas grand chose de Tenerife ; Flo y était venu en terrien pour l’escalade il y a 6 ans et ce qu’il en avait vu à part le Teide ne lui avait pas semblé très remarquable. Nous sommes largement revenu de ce préjugé tout à fait faux. Tenerife est étonnante et plurielle. Il y a bien sûr le parc national du Teide, les coulures de lave, Los Gigantes mais il y a aussi à nord une forêt primaire très belle, une jolie plage, ainsi que des forêts d’eucalyptus au centre de l’île – au nord du parc du Teide. La rando y est bien développée et de nombreux itinéraires sont vraiment beaux. 

Tenerife a été une escale, “on renoue avec le sport”. Nous avons profité de ce stop pour faire un peu de grimpette, Flo n’en pouvait plus de ne pas avoir touché de cailloux depuis plusieurs mois ! Nous avons enchaîné avec de la rando, et du vélo.

Au ponton, nous avons fait la connaissance des Moussespic, une famille en voyage en voilier pour la seconde fois en cinq ans. Ils sont devenus de bons copains que nous avons retrouvé avec plaisir à la Gomera.

Et puis nous avons commencé à remplir le bateau en vue de la transat. Tenerife était la dernière île avec de gros super-marchés où l’on trouvait à peu près tout ce que nous voulions. Nous avons fait les plus grosse courses de notre vie : deux chariots, 380€ de bouffe ! – je vous rassure, j’écris ces lignes depuis les Antilles et il nous reste encore énormément de stock –

 

La Gomera, notre chouchoute des canaries

A la Gomera, nous avons découvert et apprécié la douce vie en voyage. On s’est fait des copains, on a décidé de rester plus car nous nous sentions bien sur place. Cette île nous a tenus sous son charme en très peu de temps. D’un séjour de 3 nuits, nous en sommes resté 10 ! – c’est un peu la faute des Moussespic d’ailleurs – Nous avons rencontré de nouveaux bateau-copains, Utopie, Kaloni avec qui nous avons passé de super moments, anniversaires, barbeuk, balades et apéros.

Nous avons échangé avec des locaux, dont Ugo le fondateur d’une association de protection de la biodiversité de l’île, qui organise des ramassages de déchets rejetés par la mer.

Nous avons de nouveau fait beaucoup de randos, profité de la belle plage proche de la marina pour nager tous les jours et faire du snorkeling.

L’ambiance à San Sebastiàn était à part, les habitants étaient gentils, prévenants, doux, souriants. Et l’île offrait des paysages variés et magnifiques, ce qui ne gâchait rien au plaisir d’être simplement là.

Last stop : El Hierro

 Nous avons bouclé notre tour dans les Canaries avec 10 jours sur l’île d’El Hierro, la dernière île au sud ouest. Nous l’avons choisie pour la réputation de ses spots de plongée. Nous avions hésité à remonter à La Palma qui semble très verte et très belle mais l’appel des abysses a été plus fort. Nous nous sommes donc installés à la marina de La Estaca au nord. Dans ce port tout neuf et peu rempli, nous avons fait la connaissance de Justine et Romain à bord du voilier Hierro, un acier de 9,50m puis de Alain, Marie et Victor à bord de Tequila, un Sun Rise, bateau petit frère de notre Sun Magic.

El Hierro est un peu dans le même jus que sa voisine, en encore plus petit. La faune et la flore sont relativement similaire mais elle n’a pas la beauté des paysages de la Gomera. En revanche, ses fonds marins sont exceptionnels. L’environnement volcanique se retrouve sous l’eau avec de nombreux canyons, grottes et colonnes. La réserve marine offre une diversité de vie vraiment belle. Nous avons pu observer des poissons tout paisibles en train de brouter leurs algues, de nombreuses murènes qui se lovaient sous notre nez dans les anfractuosités rocheuses, nous avons vu plusieurs raies, des anémones, beaucoup de mérous très curieux, des poissons trompettes, des demoiselles bleues, et j’en passe. C’était fou fou fou !

Cette escale n’a pas été sans surprise. Un midi alors que nous déjeunions après notre matinée de plongée, nous avons aperçu un mini dans le port.  – Pour ceux qui ne connaissent pas les minis, ce sont des bateaux de 6,50 mètres qui ont été conçus pour la course en solitaire la mini transat – Florent ayant fait une course en mini avec notre ami Victor, nous suivons les aventures de la classe mini de près. Il se trouve que la seconde manche de la mini transat avait débutée 48h plus tôt et que le mini arrêté là était en course. S’il était là, c’est qu’il avait un problème. Ni une ni deux, on fait le tour du bassin et on cherche le skipper du mini portant le numéro 570. La grosse coïncidence amusante, c’est que ce jour là, Flo portait son T-shirt de la classe mini, ce qui ne c’était pas produit depuis son retour de la PLM, course faite en duo avec Victor. On rencontre ainsi Jean, qui bug sur le T-shirt de Flo et nous mettons à son service pour l’aider à repartir au plus vite. Avec d’autres français, Laurent et Ambre, on remue ciel et terre et on l’aide à trouver une place au ponton, à protéger son bateau, on regarde pour faire la réparation, on lui prête nos téléphones (ils n’ont pas droit d’en avoir en course). Finalement, un pro se déplace le lendemain matin et arrive à faire une réparation suffisante pour que Jean puisse repartir dans le délai autorisé par la course. Avant midi, nous le voyons mettre les voiles direction le Marin en Martinique où nous avons eu la chance de le recroiser le jour de notre arrivée.

Quelques jours après cette étonnante épopée, nous préparions Vitavi pour nous aussi traverser l’Atlantique.